Cet après midi, je rangeais l'espèce de montagne de paperasses sous laquelle se trouve mon
bureau.
Dans le tas de trucs à trier, il y avait le programme mensuel des bibliothèques de Toulouse, fascicule d'une
vingtaine de pages publié tous les mois, et qui donne l'agenda des manifestations culturelles dans les bibliothèques et à la médiathèque. Avant de le jeter, je regarde s'il reste des évènements
qui m'intéressent au mois de mars.
Parmi ces évènements, il y a une rétrospective sur "50 ans de cinéma cubain", avec plusieurs projections de films
tout au long du mois.
Au début de la liste, cette mention me fait (symboliquement) tomber de ma chaise :
"Pour des raisons de droit d'auteur, nous ne sommes pas en mesure de fournir les titres des films projetés.
Veuillez vous reporter au programme affiché à la médiathèque.
Merci de votre compréhension.
Les films pour lesquels nous avons les droits de
publicité sont cités ci-après."
(suit donc une maigre liste de... 5 films)
Je rêve où on marche sur la tête, là ?
Je veux bien qu'on protège les œuvres cinématographiques, je veux bien qu'un certain snobisme considère que la
publicité, c'est le Mal, et que la culture, ça doit se mériter (en fait non, je ne veux pas mais c'est pas grave), mais là je crois qu'on est au summum du ridicule : refuser de diffuser des
titres de film dans une brochure destinée à informer d'éventuels spectateurs du programme d'un festival, je trouve que c'est vraiment du foutage de gueule.
Je serais curieuse de savoir quelle est la raison officielle de cette non-publicité. Pourquoi certains titres sont
autorisés, et d'autres non. Mais en tous cas non, je ne me déplacerai pas à la Médiathèque pour consulter le programme, et je n'irai pas plaindre les cinéastes qui pleurent sur leur misère etc, à
partir du moment où ils sont visiblement assez bêtes pour s'arquebouter à ce point sur leurs droits.
Cela dit, je ne suis pas sûr que toutes les bibliothèques poussent la rigueur jusqu'à ne pas mentionner le programme sur les fascicules qu'elles distribuent. Il suffit le plus souvent de ne pas mettre d'affiches en dehors de l'établissement.
Non, ce qui est étrange, c'est qu'ils ne diffusent qu'une partie de cette liste, en arguant que c'est à cause du droit d'auteur qu'ils ne peuvent diffuser le reste.
J'avais entendu parler d'histoires de ce genre à propos de titres d'albums qui étaient protégés comme ça et qu'on n'avait pas le droit de mentionner à cause du droit d'auteur. Il me semble que c'était sur Wikipédia (certainement le Bistro) mais je n'arrive pas à retrouver...
Ceci dit, c’est peut-être fait exprès pour prendre les auteurs à leurs propres pièges (du style : "soyez libre et on parlera de vous"). On peut toujours espérer...
J'imagine donc que la règle s'applique aussi aux films...
A ma connaissance, il ne s'agit ici que du problème de concurrence déloyale que la bibliothèque représenterait face aux cinémas, qui proposent le même service mais à titre payant. D'où l'interdiction de faire un affichage extérieur lorsque la bibliothèque diffuse un film, comme l'a rappelé justement O. Morand. S'agit-il vraiment d'un probléme de droit d'auteur ? Je n'en suis pas sûr.